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Pour l'ensemble des peuples du monde, la forêt est avant tout une communauté d'arbres. Les forêts sont dites primaires lorsqu'elles se développent naturellement avec tous leurs biotopes et leurs biodiversités. Les forêts secondaires apparaissent après des déforestations ; les "bois" sont dits de petites forêts de quelques hectares.

Les arbres, aux très nombreuses espèces, constituent un formidable exemple de biodiversité, mais possèdent globalement des caractéristiques "anatomiques" semblables :


RACINES et SOLS

  1. Les arbres possèdent des racines plus ou moins profondes qui fixent les troncs dans les sols. Non seulement la nature des sols permet cette fixation mais elle apportent les minéraux indispensables au métabolisme de la plante. En outre, ce métabolisme, par la chute régulière des feuilles, enrichit les sols et forme l'humus. Ce retour du sol au sol accompagne l'autre fonction essentielle des arbres : la photosynthèse qui - elle- se déroule dans les étages supérieurs.

  2. Les racines des arbres ont une très importante fonction supplémentaire: le chevelu radiculaire retient efficacement les sols dans lesquels il se développe. Partout où la déforestation a eu lieu, la terre est lessivée, elle se désagrège à la faveur des pluies, se retrouve dans les rivières en perturbant singulièrement les biotopes aquatiques, dans les deltas, dans les lagons... En milieu tropical, on voit très vite apparaître le sous-sol latéritique, rouge, presque totalement stérile.

L'exemple de la Nouvelle-Calédonie est édifiant. Madagascar aussi.

A noter qu'une forêt constitue une formidable production de matière organique qui peut plus ou moins directement se mettre au service de la vie sur terre. On estime que 1ha de hêtre retient 3000 à 5000 m3 d'eau et en évapore 2000 m3.

Dans un document édité en 1970 par le Conseil de l'Europe, Mario Pavan écrivait déjà ceci :

  1. " Les territoires abandonnés ainsi à l'érosion, abaissent la productivité moyenne de la planète, alors que le développement explosif de la population humaine exigerait une augmentation décisive de la production."

Nous sommes aujourd'hui en 2016 !

Lorsqu'un arbre est abattu par la foudre ou par le vent, les racines sont mises à nu, il reste un trou, c'est alors un chablis : quand il est scié par l'homme, il reste une souche, racines en terre, d'où peuvent repousser des gerbes de branches constituant avec les années ce qu'on appelle un taillis.


LES TRONCS

A partir d'un "collet", les racines se prolongent en surface par une zone sans branche qu'on appelle le fût, destiné à porter l'arbre en hauteur. L'ensemble des troncs d'une forêt se nomme la "futaie". Le tronc possède une structure bien particulière : tout autour, enveloppant le fût, l'écorce sépare le coeur de l'arbre du monde extérieur. C'est la partie visible du tronc, avec autant de fasciés que d'espèces d'arbres, c'est peu dire... Dans certains cas cette écorce fait l'objet de prélèvements réguliers : le liège du chêne-liège (Quercus suber). Ou fut l'objet d'études chimiques thérapeutiques : la salicyline du saule blanc (salix alba) qui donnera l'Aspirine. Etc... Le rôle de l'écorce est très important, il permet la protection permanente de l'intérieur de l'arbre, notamment des agressions thermiques.

Sous l'écorce, une couche dans laquelle circule un liquide qui provient des feuilles et descend jusqu'aux racines : la sève. Cette couche se nomme le liber.

Par la sève, toutes les parties de l'arbre sont alimentées.

Le bois et l'écorce, parties essentielles, sont fabriqués dans la couche suivante: le cambium. Généralement, les arbres ont une poussée annuelle qui laisse une trace qu'on appelle le "cerne" ; l'ensemble des cernes permet de connaître, sur une section du tronc,  l'âge d'un arbre. Cette méthode de datation des arbres se nomme la dendrologie.

  1. Plus profondément circule un autre liquide, de bas en haut, issu des racines, riche en sels minéraux entraînés dans de l'eau. Cette couche s'appelle l'aubier.

  2. Enfin, le coeur occupe le centre du tronc.

  3. A signaler  que les arbres poussent de façon cyclique, généralement annuelle, qui se matérialise par des cernes concentriques. On peut ainsi connaître l'âge d'un arbre. Certains vivent au-delà de 1000 à 2000 ans, d'autres quelques centaines d'années. Lorsqu'on plante une graine, on ne voit jamais que les premières décennies du végétal. Une forêt issue à partir de graines se présente par des fûts droits et s'appelle alors une "futaie". Elle correspond au renouvellement naturel de la forêt, souvent appelée forêt primaire.

Tout ce qui existe autour des troncs, dans une forêt, forme un sous-bois. Il s'agit de biotopes extrêmement riches en biodiversité : champignons, mousses, lichens, fougères, arbrisseaux, batraciens, reptiles, insectes, oiseaux, mammifères. D'autres végétaux peuplent les sous-bois, cherchant la lumière ou vivant dans la pénombre. Tout ce petit monde est interactif, obéit à des lois écologiques précises, joue des rôles souvent importants. On peut dire que les arbres d'une forêt forment l'architecture de cette forêt qui soutient un foisonnement de vie.


LES BRANCHES

Au dessus du tronc, apparaissent un certain nombre de branches formant une ramification qui définit l'apparence des espèces arbustives. Les branches portent l'ensemble des feuilles qui constituent ainsi le "houppier". Les feuilles sont les organes de la photosynthèse, mais aussi du métabolisme de l'arbre. Contenant la chlorophylle, elles sont généralement de couleur verte, mais pas toujours. Elles peuvent être rousses, rougeâtres, pales ou foncées etc...

© P. CHAINBAUX


A propos de feuilles, Pauline Briand, dans le numéro 5 de la superbe revue BILLEBAUDE (www;glenat.com), écrit ceci :

  1. " Prenons une feuille, de l'extérieur elle apparaît comme un simple prolongement de l'arbre. Pourtant, à l'intérieur vivent une multitude de bactéries et de champignons. Certains sont en symbiose avec la plante, d'autres la parasitent. Nous commençons à découvrir qu'un arbre n'est pas un individu isolé mais qu'il est composé d'une multitude d'espèces qui interagissent."

Elle peuvent surtout se dégrader selon des cycles naturels, devenir rouges, jaunes, de toutes les couleurs, perdre leurs fonctions et, devenues inutiles pour l'arbre, se détacher et chuter au sol pour participer à la création de l'humus. Ainsi le cycle de la vie se déroule en forêt. En région tempérée, cette phase très belle s'appelle l'automne. Elle dénude le branchage pour l'hiver puis tout recommence au printemps grâce à la pousse des bourgeons sur les branches.

Cerisier au printemps (© P. CHAINBAUX)


Lors de cette repousse apparaissent les organes de la reproduction sexuée (il existe parfois une reproduction par rejets de souche ou "drageons"). Les fleurs, pour les nombreuses espèces qui en produisent, ne durent que le temps des amours végétales et impliquent le passage indispensable du vent et des animaux pollinisateurs. De même, le transport des fruits, dans les airs ou au sol, nécessitera l'intermédiaire d'éléments externes ainsi qu'une grande variété d'adaptations pour assurer ces transports, car les arbres ne peuvent pas se déplacer pour offrir leurs graines. Ce phénomène naturel explique pourquoi la biodiversité dans cet étage arbustif est si importante : les oiseaux en sont les maîtres, mais aussi les insectes, les reptiles arboricoles, les petits mammifères, certains batraciens arboricoles etc... Dans les branches, on peut souvent observer des végétaux parasites ou symbiotiques qui participent à cette fonction écologique de premier ordre: le gui, les épiphytes, les lianes, les mousses ou autres lichens, etc...

La zone de feuillus située au plus haut des arbres constitue un domaine très particulier que l'on nomme "la canopée".

Citons également les clairières, espaces découverts, lumineux au sein des forêts ; ainsi que les lisières qui constituent les limites avec d'autres milieux biologiques

(ripisylves avec les cours d'eau par exemple).


Ainsi définies par les arbres, les forêts doivent encore exprimer leur diversité en fonction des conditions climatiques, des zones où elles vivent, des espèces qui les composent, etc...

D'abord, il faut savoir qu'il existe deux grandes variétés d'arbres dans le monde : les "feuillus" et les "résineux". Certains ont des cycles annuels automnaux et perdent leurs feuilles ou leurs aiguilles, d'autre les gardent en hivers, d'autres encore ont des métabolismes plus complexes.

Les forêts portent  souvent leurs noms en raison de l'espèce d'arbres dominante :

(en français) Hêtraie, Chênaie, Châtaigneraie, Pinède...mais aussi : Cacaoraie, Palmeraie, Cocoteraie, etc...

Il existe des forêts inondées, d'altitude, tempérées, boréales, équatoriales, primaires, secondaires après défrichement, de plantation, bois et forêts urbaines, des mangroves, etc...

  1. CEDRE de l'Atlas


Il existe aussi des forêts massacrées, des forêts menacées, des forêts défigurées.


Lectures :

LA NATURE EN FORET et tous les GUIDES des Editions SALAMANDRE,
4 rue du Musée, Neuchâtel, Suisse.

www.salamandre.net


Les livres de l'INSTITUT pour le DEVELOPPEMENT FORESTIERS
réunis dans un remarquable catalogue gratuit.
4 rue de Chaillot, 75 II6 Paris.

idf-librairie@cnpf.fr

 
CHAPITRE 1 - arbre, anatomie

Nouvelle Calédonie (© P.CHAINBAUX)

Les 4 saisons

Bolet des Mélèzes

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© P. CHAINBAUX

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