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FORETS, BOIS ET MARINE


Depuis (et sans doute avant) la pirogue monoxyle exposée au musée de Préhistoire d'Ile de France à Nemours (découverte à Paris Bercy - 6000 ans) l'Homme a toujours recherché les arbres destinés à la navigation. Les constructions navales ont généré une foule de métiers très divers partout dans le monde. Les embarcations, navires, pirogues et autres boutres ont nécessité des quantités toujours plus grandes de bois. On estime que sous le règne en chine de l'empereur Yongle, en 1402, environs 50 millions d'arbres ont été utilisés à la construction d'une flotte de guerre et de commerce. Dans son remarquable livre intitulé "Bois de Marine" (publié chez Institut pour le Développement Forestier idf-librairie@cnpf.fr) J.M. Ballu décrit, avec minutie et beaucoup de savoir, tout ce qui concerne ce que le titre promet. Cet ouvrage nous a servi de référence (voir quelques extraits ci-dessous).


" Quand, sous la pression constante des besoins des communautés, la forêt est coupée dès qu'elle peut fournir du bois de chauffage, elle n'a plus la ressource de grandir et de donner des arbres de dimension suffisante pour la construction navale... d'où la décision de décembre 1540 d'interdire toute coupe de taillis avant l'âge de 10 ans."


Mais la marine de guerre est très gourmande en arbres, les déforestations continues imposent des réglementations de plus en plus contraignantes. De siècle en siècle, les codes forestiers voient le jour. Les gardes forestiers aussi. La consommation d'arbres en Europe s'accroît, mais les arbres diminuent. On est obligé d'acheter du bois de marine parfois dans des contrées lointaines.


" Sous Louis XIV, 3000 chênes pour un vaisseau, 100 000 ha pour la flotte". Car, pour construire un voilier, il ne faut pas n'importe quel arbre, n'importe quelle espèce, n'importe quelle partie de l'arbre. Les arbres destinés à la Marine sont "martelés" par les agents forestiers, c'est-à-dire repérés en forêt par une  marque imprimée dans le tronc avec un "marteau" spécial. Les formes courbes sont très recherchées, notamment les chênes "tors". Chacune des essences trouve sa place dans un navire: 3 espèces de chênes, le noyer, le frêne, le hêtre, le buis, l'orme, le houx, l'acacia robinier, le peuplier blanc, le châtaignier, 2 espèces d'épicéa, le sapin pectiné, le mélèze, le cèdre... etc. jusqu'au fameux gaïac des caraïbes, incorruptible. La recherche de ces arbres particuliers n'était pas toujours facile, encore moins leur extraction dans les régions montagneuses. Quant à "l'abattage", on peut croire aux prouesses des bûcherons. Mais aussi l'équarrissage, le transport des grumes parfois par flottage, sciage, séchage, assemblage à l'aide de poix pour l'étanchéité...


La durée de vie d'un navire dépendait de son usage : en cas de bataille navale, il est évident que les pertes s'accumulaient, lors de grandes tempêtes également. Certains navires ne sortaient jamais du port, ce fut le sort du "Vasa" à Stockholm le 10 août 1628, qui coula jour de son lancement. (Sortit de l'eau, il est actuellement devenu un musée).


 
CHAPITRE 2 - LES MÉTIERS
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The Unicorn

L’Étoile  - Fr

© P. CHAINBAUX

Le Grand Turk  - GB

© P. CHAINBAUX

Arrivée de l’Hermione à Brest le 10/08/2015

© Claude Perron

Pages extraites de l’ouvrage de Jean-Marie BALLU

«BOIS DE MARINE - Les bateaux naissent en forêt»

Ouvrages de

Sinon, les navires pouvaient durer environs 30 ans chez les Anglais au XVIIème siècle ; 20 ans sous Louis XIV en France, moins de 8 ans sous Napoléon ! On imagine l'état des forêts...


La construction de "l'Hermione", frégate historique dans laquelle embarqua La Fayette le 21 mars 1780 pour joindre l'Amérique, a nécessité à l'époque 1160 m3 de chêne, 250 m3 de résineux, 22000 journées de travail de charpentiers, 1000 de menuisiers et un nombre indéterminé de forçats... Sa réplique à l'identique à quitté les chantiers navals de Rochefort en 2015.

Construction de l’Hermione (2006)
 

Le Vasa à Stockholm