ACCUEIL     CHAPITRE 1       CHAPITRE 2      CHAPITRE 3      CHAPITRE 4      CHAPITRE 5Introduction.htmlCHAPITRE_1.htmlhttp://livepage.apple.com/CHAPITRE_3-FONCTIONS.htmlCHAPITRE_4-USAGE_FORETS.htmlCHAPITRE_5.htmlshapeimage_2_link_0shapeimage_2_link_1shapeimage_2_link_2shapeimage_2_link_3shapeimage_2_link_4shapeimage_2_link_5
 
 

USAGES DIVERS DES BOIS DANS LE PASSÉ


Source : "NOS ANCÊTRES" n°8 (Petits métiers de la forêt XVI/XX ème siècle)


TRAVERSES DE CHEMINS DE FER

Il n'y a pas qu'aux Etats-Unis que les arbres ont servi massivement à fournir les traverses des réseaux ferrés. Les magnifiques Séquoias de l'Est, souvent millénaires, toujours immenses, constituaient des sources de bon bois qui furent exploitées jusqu'à la disparition presque totale des grands fûts. C'était l'époque de la "ruée vers l'or", une époque américaine très triste qui mis à bas autant les arbres que les Indiens, sur fond de guerre fratricide dite de "sécession" et de maltraitance de la population noire importée d'Afrique...



En Europe, depuis le milieu du XIXème siècle, la construction des réseaux ferrés consomma aussi beaucoup d'arbres :

"... phénomène vieux d'un siècle qui a mobilisé beaucoup d'énergies, le développement du chemin de fer a fortement augmenté la demande de bois, par la construction de milliers de wagons, mais aussi par l'aménagement de très nombreuses voies ferrées reposant sur des traverses en bois. Le plus souvent en chêne ou en hêtre pour les voies à l'écartement normal de 1,45 m, sur une longueur de 2,40 m à 2,60 m. Leur section est ordinairement rectangulaire, l'équarrissage minimum est de 0,26 m de largeur sur 0,13" m de hauteur..."


DANS LES MINES

" D'autre part, il est essentiel de signaler combien le très grand développement des mines de charbon dans le Nord et l'Est de la France entre 1850 et 1920 a provoqué la demande extrêmement importante de bois d'étai. Des dizaines de milliers de stères de bois d'œuvre furent ainsi utilisés par les ouvriers "boisiers" dans les centaines de kilomètres creusées dans le sous-sol. La demande était tellement forte dans les dernières années du XIXème siècle, qu'il fallu faire des arbitrages."


LES MÉTIERS FORESTIERS

Que ce soit pour la Marine, la Construction, les Mines, les voies de Chemin de fer, le Liège, le Chauffage...

" la forêt était autrefois un lieu de vie. Elle abritait tout un monde de petites gens et d'artisans : bûcherons, sabotiers, charbonniers... des familles entières et souvent nombreuses y vivaient dans des habitations tenant généralement plus de la cabane que de la maison.

... À noter cependant les migrations propres à certaines professions comme les flotteurs de bois en Morvan, les sabotiers dans certaines régions, les scieurs de long dans le Massif central ;

... (Noms de famille) liés à des professions ou à des activités forestières, au demeurant peu nombreux...



Deux hommes abattant un gros arbre, vers 1895

(Plaque sèche à la gélatine, 8 x 10 cm)


À l'exception de Charbonnier (porté par environ 4000 foyers en Anjou et dans le Bassin Parisien, en Bourgogne...) et ses variantes Charbonneau (en Vendée et Deux-Sèvres) Charbonnel (environ 1500 foyers surtout concentrés en Languedoc) Carbonniers... On notera bien de rares familles nommées Bûcheron en Brie, Buchon en Normandie..."


Voici une petite liste des métiers de forêts, traditionnels, en France et probablement dans toute l'Europe, du Passé : Charbonniers, Essarteurs qui brûlent les résidus, brindilles et autres branchettes après la coupe du bois, Ligotiers et Margotiers qui font des fagots, bien sûr les Bûcherons, les habiles Ébrancheurs, les fameux Scieurs de long chargés de couper à l'aide de grandes scies les billes de bois, mais aussi tous les autres métiers de sciage : Fendeurs, Merrandiers, Lattiers...

Le sciage du placage par Roubo. Menuisier et auteur d'une encyclopédie fin XVIII°


Débardeurs rouliers, à la schlitte (de l'allemand schlitten, traîneau), au flottage en rivière. Aussi les Ecorcheurs des arbres, les Bouchonniers vers la fin du XIXème siècle, les Résiniers, les Boiseliers qui fabriquent des sceaux à eau, des Balaitiers taillant des balais en Normandie, etc... Jusqu'aux chasseurs de vipères, récolteurs de glands, braconniers ...

On n'imagine pas aujourd'hui le rôle majeur tenu par les forêts dans la vie quotidienne des peuples en Europe... et partout dans le monde.


LES ÉCORCEURS

" Dans les communes forestières, le temps de l'écorçage est une véritable aubaine pour toute la population.

L'écorce des bouleaux, des aunes, des épicéas et des chênes, se montre très riches en acide tannique, nécessaire à la fabrication du cuir. C'est au moment où la sève monte sous l'écorce et la rend moins adhérente que l'écorçage se pratique sur les arbres destinés à être abattus dès l'automne suivant.

Coupe et l'écorçage d'arbres pour la tannerie de Prattsville, dans les années 1840


... Vers 1860, dans les Ardennes, on peut voir : "des bandes de 30, 40 ou 50 qui vont d'une coupe à l'autre offrir leur service pour la "pelaine" ou "pellerie"... en patois ardennais."

Les arbres concernés : chêne, châtaignier, bouleau, frêne, mélèze, épicéa.


" Jusqu'aux années 1950 en France, l'exploitation forestière la plus importante dans le domaine de l'écorçage concerne le chêne-liège...en forêts de Provence, des Pyrénées, de Corse et d'Algérie, sur 200 000 ha. Vers sa douzième année le précieux arbre donne d'abord un liège grossier (liège mâle) tout juste bon à faire des bouées ou à être brûlé en vase clos pour produire du noir d'Espagne. Le liège fin (liège femelle) apparaît au bout d'une nouvelle dizaine d'années... l'arbre souffre si peu de l'opération (écorçage) qu'elle se renouvelle cinq ou six fois voire dix fois"

Mais cet arbre est très fragile au froid une fois écorcé (démasclage) trop tôt dans l'année. " Qu'un froid survienne, cet arbre est détruit à jamais, lorsque son voisin, qui est couvert d'une écorce plus ancienne, ne souffre pas de ce temps."

En pays de vins, on comprend que ce liège devint vite indispensable aux vignerons du XIXème siècle ; auparavant les flacons se fermaient de diverses manières, peu commodes. Avec l'essor de la vigne, le bouchon en liège s'imposa partout et le métier de "bouchonnier" eut longtemps ses heures de gloire... jusqu'à l'arrivée au XXème siècle du... silicone.

 
CHAPITRE 2 - LES MÉTIERS
Haut de pageCHAPITRE_1-anatomie.htmlshapeimage_4_link_0

Reconstitution d'une galerie au Bois du Cazier  © Agrillo Mario

Scieurs de long du Forez vers 1900

Schlitters en Forêt Noire

Chêne-liège au Camp de Seris à Reynès

© Fabricio Cardenas

Ateliers de sabotiers dans le village de Cannebert près de Littry

Chêne-liège sur l'île de Porquerolles

© KoS