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DÉFORESTATIONS

Les causes de déforestation sont multiples. S'il est avéré que l'espèce humaine - dès ses premiers âges de sédentarisation - a toujours été un facteur de déforestation, l'époque moderne n'est pas en reste. La différence avec le Passé réside dans l'accroissement considérable  des populations, des besoins en bois, en espaces urbains, et la capacité technique de détruire massivement les milieux forestiers. On se souvient que l'usage de défoliants sur des centaines d'ha de la forêt du Viêt-nam par les Etats-Unis lors de la guerre, a dévasté une des plus belles forêts du monde. Il s'y ajoute les facteurs naturels dans quelques cas, dont certains sont liés aux bouleversements climatiques de la planète. Les forêts du globe ne disparaissent pas par hasard.


URBANISATION

Les villes ne cessent d'attirer les hommes! Certaines deviennent ce qu'on appelle de mégalopoles. La prise d'espaces se fait au détriment des milieux naturels, campagnes sauvages ou agricoles, terrains libres ou forestiers. Bien entendu, les biotopes sont généralement détruits, même si les temps modernes développent les "espaces verts", les "corridors écologiques", parcs et autres verdures destinées à reproduire les milieux naturels, sans y parvenir. Les jardins urbains ne sont pas la nature. Pourtant, ces tentatives de compensation peuvent avoir des effets positifs, en recréant avec le temps de nouveaux biotopes, à peu près utiles.

Beaucoup de villes possèdent des forêts résiduelles, des bois, dont certains occupent une place centrale dans le milieu urbain, ou périphérique selon les lieux. Certains bois urbains ou périurbains ont acquis de véritables notoriétés.




Montréal © Hussein Abdallah


AGRICULTURE

Il faut distinguer  les deux situations suivantes :

  1. D'une part les déforestations liées à la libération d'espaces pour développer une agriculture importée: biocarburants, soja, céréales, etc... utiles pour la survie humaine, lutter contre les famines,  accompagner la surpopulation.

  2. D'autres part, les remplacements d'une forêt par une autre. Il s'agit de cultiver des espèces forestières à des fins de production, monocultures plus ou moins étendues, prenant la place de forêts primaires parfois, ou de biotopes existants, et favorisant les endémies végétales, donc souvent condamnées à l'usage de produits chimiques. Une sorte de double peine écologique.

Dans quelques cas, le changement de biotope par plantation massive d’arbres nouveaux dans le milieu, a créé un système biologique valable. C’est le cas des Landes de Gascogne et de la Gironde avec la plantation de pins maritimes et d’oyats des dunes, au XIXème siècle.

L'exploitation forestière a donné lieu à la création d'Institutions spécifiques qui contrôlent et accompagnent ces nouvelles forêts consacrées aux besoins des populations. Des spécialistes très compétents se consacrent un peu partout dans le monde à cette activité essentielle. Ils  exploitent, certes, mais aussi ils donnent l'alarme lorsque des fléaux se présentent.

L’exploitation forestière sans précautions ou avec surexploitation aboutit presque toujours à l’appauvrissement des biotopes voire la diminution grave d’une ou plusieurs espèces d’arbres (arbres précieux par exemple pour l’ébénisterie).



Erromango 1973, exploitation forestière


Recommandation : se procurer le catalogue des ouvrages publiés en France par l' Institut pour le Développement Forestier (CNPF)
47 rue de Chaillot - 75II6 Paris - Tél. : 01 47 20 68 39
idf-librairie@cnpf.fr

On y trouve tout, tout, sur les forêts !



PAR LE FEU

Les incendies de forêts existent depuis la nuit des temps. Leurs causes tiennent des conditions météorologiques, le plus souvent : grande sécheresse, foudre, vent etc... Ainsi, certaines régions du monde connaissent des feux parfois géants extrêmement difficiles à juguler par les professionnels. Des moyens techniques modernes s'imposent, mais on a régulièrement les plus grandes difficultés à gérer les situations. Les dangers sont réels, tant pour les habitants que pour les "soldats du feu". On citera les immenses incendies de Californie, d'Australie, du Portugal, d'Espagne et de bien d'autres pays dont la France.

Il n'y a pas que les conditions climatiques qui déclenchent des feux de forêts. Comme toujours, les Humains ont leur part de responsabilité : urbanisation, malveillances (cigarettes, cuisine sur tisons, et autres usages de flammes sans précaution) mais aussi traditions agricoles comme les cultures sur brûlis (Nouvelle-Calédonie, Madagascar). Le manque d'éducation des populations dans les régions concernées aggrave les risques. Education, certes, mais accompagnée de politiques de substitutions ; par exemple le remplacement de l’indispensable charbon de bois local par le charbon de bois importé provenant de pays où existent des forêts cultivées.

Dans certains cas, le feu a curieusement un rôle bénéfique, car il engendre une repousse salutaire. C'est le cas, par exemple, dans les montagnes bleues en Australie. Les eucalyptus ont la particularité de produire une substance capable de s'enflammer spontanément, formant dans l'air une sorte de vapeur bleutée sensible à la chaleur. Les incendies majeurs ainsi réalisés, carbonisent des centaines d'hectares, commettent des dégâts considérables (faune, flore, et... maisons). Mais tout repousse avec vigueur - sur brûlis - les arbres sont, en quelques sortes, régénérés et la nature reprend ses droits.




Feux de brousse en Nouvelle Calédonie (1975)


PAR L'EAU

Il n'y a pas meilleur exemple de déforestation par l'eau que la construction de barrages hydroélectriques. Ces constructions ont  détruit sur terre des quantités de régions naturelles, de villages, de terrains agricoles etc... des milliers de gens ont du quitter, par nécessité ou par force, leurs lieux de vie pour assurer la production d'électricité, mais aussi des masses d'eau d'irrigation, des réserves aquatiques ...

Au Brésil, de nos jours, les projets de barrages en Amazonie ont obligé un grand nombre d'Amérindiens à changer de territoire... Contre leur gré !

En Chine, le super-barrage des "trois gorges" sur le fleuve Yangzi Jiang a englouti toute une immense région (600 km de long) et forcé des populations entières à fuir ailleurs...(1,4 millions d'habitants).

En Guyane, de façon beaucoup plus pacifique, le barrage de Petit-Saut à noyé une partie de la forêt... L'Atlas des paysages de la Guyane nous le présente ainsi:

"l'unité paysagère du barrage de Petit-Saut, qui est née en 1995 de la mise en service de ce barrage hydroélectrique sur le fleuve Sinnamary. Il a nécessité 5 années de travaux, le dégagement de 310 km2 de surface forestière qui réalise une retenue dont le rivage est marqué par de nombreuses "criques" (petits bras d'eau).Engloutie par les eaux, la forêt qui préexistait n'a pu survivre. Le paysage du lac est donc bordé de la ramure dépouillée des arbres morts. Cela constitue des ambiances lugubres où les silhouettes dépouillées et graphiques des arbres reflètent dans l'onde lacustre leur image de forêt morte".

C'est clair et terrible à la fois. Mais EDF nous indique que ce barrage dessert 2/3 des foyers du littoral guyanais en électricité.

(www.guyane.edf.com)

Mais ce n'est rien comparativement de ce qui se réalise en ce moment en forêt amazonienne du Brésil :




BRESIL barrage Belo Monte - Téléchargez le pdf


PAR LE VENT

Le système racinaire des arbres est bien connu pour son rôle protecteur mécanique des sols. Nombre de glissements de terrains sont évités lorsque les arbres sont maintenus en place, et inversement  , nous voyons des catastrophes se produire lorsqu'on a détruit les zones arborées. Mais le vent peut aussi avoir un effet destructeur propre. Les cyclones et autres typhons nous montrent régulièrement ces dégats dans le monde.

En France, les tempêtes de 1999/2000 ont fait des ravages, notamment sur la côte aquitaine peuplée de pins. Un article remarquable du COURRIER DE L'ENVIRONNEMENT de l'INRA, publié collectivement en octobre 2000 (N°41) explique en détail les ravages de cet événement climatique :

" Le vent entraîne une oscillation des arbres suivant un modèle mécanique simple. Les rafales présentent elles-mêmes un caractère pulsatoire (courtes rafales en quelques secondes), des phénomènes de résonance sont possibles. Chaque compartiment de l'arbre: houppier,tige et complexe sol+racine, joue un rôle sur la réponse de l'arbre à la sollicitation du vent et contribue à ses propriétés de résistance."


Gironde, tempête de 1999

"...Les dimensions relatives des différents compartiments de l'arbre ont un rôle évident sur la stabilité. Un appareil aérien surdimensionné par rapport au système racinaire est un facteur majeur de déséquilibre (cas des hêtres sur plateau calcaire à sols superficiels, influence de la fertilisation azotée).

Pour terminer, l'arbre est une structure dynamique qui met en jeu des mécanismes biologiques en réactions aux sollicitations, dont le plus étudié est la mise en place de bois de réaction dont on sait qu'ils permet à l'arbre de conserver sa verticalité."

"...Le rôle de la cohérence des sols sur la qualité de l'ancrage a déjà été évoqué. Les sols très pierreux ou sableux sont des cas particuliers de substrats peu cohérents et mauvais en termes de stabilité des peuplements de façon permanente. Dans la plupart des cas, la cohérence du sol dépend de son état hydrique et diminue avec l'augmentation de son taux d'humidité, ce qui explique l'instabilité des sols saturés d'eau."

On peut aussi comprendre pourquoi les déforestations en milieu tropical, sur des sols minces, lessivés par les pluies qui dénudent la latérite impropre aux cultures et stérilisent ainsi de grandes surfaces tout en favorisant de graves inondations.

Autre effet de la déforestation, naturelle ou non: accroissement du risque d'incendie par dégagement des sous-bois très inflammables.


EXPLOITATIONS INTRA-FORESTIÈRES

Les recherches et extractions pétrolières font fureur en Amérique du Sud. Au Pérou, dans sa région amazonienne, on a trouvé des gisements pétrolifères. Le 9 décembre 2013 déjà, Simon Gouin avait publié un article alarmant sur ce sujet péruvien. Il indiquait que l'extraction pétrolière en pleine forêt amazonienne, accompagnée du pipeline de 207 kms, par deux Sociétés française et anglaise, avait déclenché la révolte des peuples amérindiens locaux. Ces peuples totalement inféodés à leur forêt se trouvaient en situation critique, la pollution associée au changement d'horizon, à la perte des gibiers de subsistance, ces peuples donc ne pensaient qu'à leur survie... Mais que valent une poignée d'indiens nus contre 300 millions de barils?... A signaler au passage que le pipeline traversera une région Quechua de 20 000 personnes, la réserve nationale de Pecaruro et nécessitera le déboisement permanent  d'une zone de 500 m de chaque côté...

La recherche de certains métaux s'accompagne également de déforestations, ou - pire - de pollutions des écosystèmes. Ainsi, l'orpaillage en forêt amazonienne continue de déverser dans les rivières des quantités de mercure, métal très toxique, que l'on retrouve jusque dans les embouchures, notamment dans l'eau de mer des côtes guyanaises ou surinamiennes. Le problème des orpailleurs illégaux à déjà été signalé dans notre "Grand Dossier FLEUVES RIVIERES ET CANAUX". (www.AFITV.org)

Il n'y a pas que l'or... Nous avons également abordé le problème grave de l'exploitation du Nickel en Nouvelle-Calédonie. Ce métal a pris tellement d'importance dans l'île depuis des décennies qu'il est actuellement bien difficile  de trouver une solution satisfaisante à ce problème écologique et social. Il faut cependant se rappeler que l'Humain et l'Ecologique ne font qu'un, que le lagon de Nouvelle-Calédonie est un des plus beau du monde, et que cette terre d'exception n'a pas fini de nous livrer tous ses secrets...


Exploitation du nickel en Nouvelle Calédonie (1976)

 
CHAPITRE 5 - DÉFORESTATION

Exploitation IPOTA

Kaori

Erromango 1973, exploitation forestière

Singapour © Mailer-Diablo

Paris © Ben Godfrey

Fribourg © Norbert Blau

Feux de brousse en Nouvelle Calédonie (1975)

Gironde, tempête de 1999

Exploitation du nickel en Nouvelle Calédonie (1976)

Thiebagui (1976)