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LES INCENDIES DE FORÊTS

Les incendies de forêts ont fait l'objet de très nombreuses études tant pour leurs extinctions que pour leurs préventions et aussi pour les conséquences écologiques qu'ils engendrent. Bien sûr, les conséquences humaines aussi restent très préoccupantes. Les spécialistes, experts et tous les professionnels concernés ont été mobilisés pour  effectuer des études de la plus haute importance.

À noter que beaucoup d'incendies de forêts sont déclenchés par des pyromanes volontaires ou non, malveillants ou inconscients ; le besoin de surface exploitable ou l'imprudence des fumeurs, font partie de bien des départs de feux.


Normalement, la nature elle-même favorise l'opportunité d'incendies dont le rôle est nécessaire aux équilibres écologiques.

Un des grands spécialistes de la question, Yvon Duché (ONF), a bien voulu collaborer à ce "Grand Dossier" en nous apportant tout son savoir ainsi que les documents dont nous avons extrait les lignes qui suivent :

" Rappels théoriques :

Le comportement au feu d'une formation végétale  est fonction de deux critères :

  1. son inflammabilité, c'est-à-dire sa capacité à s'enflammer rapidement et aisément.

  2. sa combustibilité, c'est-à-dire sa propension à brûler en dégageant beaucoup de chaleur.

... La dynamique d'un front de flamme est pilotée, avant toute chose par la distribution horizontale et verticale des éléments fins du combustible : litière, feuillage, rameaux. Les éléments ligneux de plus grosses tailles (branches) se consument lentement, longtemps après le passage du front de flammes et n'ont donc pas d'influence directe sur le front actif.

Le principe de débroussaillement consiste à créer des discontinuités verticales et horizontales dans la strate la plus dangereuse, à savoir la strate de broussailles.

... Les formations arborées qui seraient à terme les plus intéressantes ne peuvent généralement s'installer et se développer durablement qu'à l'issue d'un processus de sylvigenèse long (plusieurs dizaines d'années) dont les premières phases sont sensibles au feu....

... Eviter après chaque passage de feu une érosion de la place relative occupée par les espèces arborées par rapport aux espèces arbustives. En effet, les espèces arbustives ont souvent un degré "d'adaptation" au feu (surtout s'il est fréquent) très élevé et une capacité à dominer la concurrence (végétale) également forte.

... Accompagner au maximum les dynamiques de régénération végétative des feuillus (taille, recepage) pour leur permettre de "résister" aux capacités de régénération explosive des résineux "pionniers", qui sinon, risquent d'occuper la totalité de l'espace."

Il n'est pas inutile de connaître le coût global pour la collectivité des mesures prises  pour les actions de lutte contre les incendies. (2010. Dans le Sud de la France) : Pour les 5 millions d'ha aujourd'hui exposés aux incendies, cela revient à environ 100 Euros/ha/an. Mais on sait qu'avec l'augmentation du rôle de certains facteurs comme le réchauffement climatique, il faudra réviser ce coût à la hausse.

Pour la région méditerranéenne, en 2015, le coût global atteint 12,5 M Euros.

250 personnels, 4000 journées de personnels assermentés, environ 3000 journées de personnels ouvriers et de première intervention.

CANADAIR - © O. Lechevalier


Evidemment, les régions d'Outre-Mer tropicales impliquent des moyens adaptés.

(Source ONF Direction Forêts et risques naturels) Yvon Duché.


CONSÉQUENCES ÉCOLOGIQUES DES INCENDIES

Outre les morts d'hommes, les dégâts matériels parfois considérables, il existe des conséquences écologiques évidentes, celles-ci déterminant le futur des  zones atteintes et - par voie de conséquence - le futur social humain. Il importe donc de les connaître (étude méditerranéenne) :

  1. Flore : destruction de la végétation.(Sur les dix dernières années, 16 000 ha/ an ont été détruits en moyenne en zone méditerranéenne)

  2. Faune : néfaste surtout pour les insectes, petits mammifères, reptiles, batraciens. En fait, tout ce qui ne peut pas fuir.

  3. Paysages : Impact fort.

  4. Sols : Risque d'érosion et/ou de perte de fertilité.

Mais..., il existe des espèces végétales adaptées. De nombreuses sont résistantes au feu, voire même stimulées par un incendie. On parle d'espèces pyrophites. Elles ont un système racinaire profondément développé: le chêne Kermès, la Lentisque, les Bruyères et des arbustes à baies. (Méditerranée). Il y a celles qui ont des écorces résistantes, comme le Chêne liège.

On observe aussi les espèces " essaimeuses" qui nécessitent un choc thermique pour "exploser" leurs graines; les Cistes par exemple.(sans feu 30 pousses/m2, avec incendie : 5000 pousses).

Après un incendie, on assiste à une succession de recolonisations : en région méditerranéenne, les pins sont les premiers à recoloniser, puis d'autres espèces végétales s'installent sous leur couvert. Les forestiers doivent observer la réaction de la zone incendiée durant une à deux années. La reconstruction du couvert arboré implique plusieurs étapes:

  1. d'abord les travaux de première urgence pour éviter les risques d'érosion des sols dénudés par le lessivage des pluies et des  orages.

  2. Puis l'étude globale de la revégétalisation pour choisir les meilleures méthodes et les espèces les mieux adaptées. Et les moins onéreuses.

  3. les travaux proprement-dit s'étalent sur 2 ou 3 ans en général, mais la "cicatrisation" définitive demande jusqu'à 60 ans.


EN CONCLUSION

" Si le feu est un élément naturel de la vie des forêts, ce qui ne l'est pas est l'augmentation de la fréquence des incendies en un même lieu. Les activités humaines induisent  volontairement ou non une fréquence de feu accrue. Dès lors, l'écosystème n'a plus le temps de se régénérer et il s'épuise."

Ces lignes qui sont extraites de documents de la Direction et Risques Naturels, Département risques naturels, Pôle incendies de Forêts, de l'Office National des Forêts, concernent la Région Méditerranéenne. Ils sont le fruit d'études effectuées par Yvon Duché et ses collègues en liaison permanentes avec les équipes en charge de la lutte contre les incendies.

 
CHAPITRE 5 - INCENDIES

Photos de Canadair : © O. Lechevalier

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