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Forêt Laurifère de Madère

La forêt laurifère de Madère est un vestige exceptionnel d'un type de forêt de lauriers autrefois largement répandu. C'est la plus grande forêt de lauriers qui subsiste. Primaire à environ 90 %, elle contient un ensemble unique de plantes et d'animaux, dont beaucoup d'espèces endémiques telles que le pigeon trocaz de Madère.


Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La forêt laurifère de Madère, dans le Parque Natural da Madeira (Parc naturel de Madère) est la plus grande forêt de lauriers primaire survivante, un type de végétation aujourd'hui confiné aux Açores, à Madère et aux îles Canaries. Ces forêts, qui recèlent d'innombrables niches écologiques et des processus propres aux écosystèmes intacts, jouent un rôle prédominant dans le maintien de l'équilibre hydrologique de l'île de Madère. Le bien est d'une importance cruciale pour la conservation de la biodiversité, avec la présence d'au moins 76 espèces de plantes vasculaires endémiques de Madère, ainsi que d'un grand nombre d'invertébrés endémiques et deux oiseaux endémiques, dont le pigeon trocaz, emblématique de Madère.


© Jnvalves

Critère (ix) : La forêt laurifère de Madère est un vestige exceptionnel d'un type de forêt laurifère autrefois très répandu, qui recouvrait une bonne partie du sud de l'Europe il y a 15 à 40 millions d'années. La forêt du bien couvre entièrement une série de vallées en V très profondes conduisant du plateau et de la crête est-ouest du centre de l'île jusqu'à la côte nord. La forêt et les processus biologiques et écologiques associés sont pour l'essentiel intacts et jouent un rôle prédominant dans l'équilibre hydrologique de l'île. La forêt est composée principalement d'arbres et d'arbustes à feuillage persistant, aux feuilles plates vert foncé. Le bien regorge de niches écologiques, de réseaux trophiques complexes et d'exemples de coévolution des espèces. Plusieurs groupements végétaux climaciques, tels que la laurisilve à Til, la laurisilve à Barbusano et la laurisilve à Vinhático, y ont été identifiés. Des arbres anciens dans le fond des vallées, des cascades et des falaises ajoutent aux valeurs du bien.

Critère (x) : La forêt laurifère de Madère est un lieu d'une grande importance en raison de sa diversité biologique. Elle est plus vaste que les autres forêts laurifères, avec lesquelles elle présente des différences majeures, et une large proportion de sa flore et de sa faune est spécifique à la forêt laurifère. Des arbres endémiques de la famille des lauracées, tels que le Barbusano Apollonias barbujana ssp. Barbujana, le laurier Laurus novocanariensis, le Til Ocotea foetens et le Vinhático Persea indica, sont dominants. Les autres plantes endémiques sont notamment l'echium (vipérine arbustive) Echium candicans, l'euphorbe mellifère Euphorbia mellifera, la digitale de Madère Isoplexis spectrum et Musschia wollastonii. Les fougères abondent dans les vallées ombragées et les bryophytes couvrent de larges étendues sur le sol, les rives, les rochers et les troncs d'arbres. Environ 13 espèces hépatiques et 20 espèces de mousse menacées à l'échelle européenne sont répertoriées, tandis que les nombreux lichens sont le signe de la qualité exceptionnelle de l'environnement et de l'absence de pollution. Parmi les vertébrés on note un nombre limité d'espèces à fort endémisme, dont deux espèces rares de chauves-souris, la pipistrelle de Madère Pipistrellus maderensis et la noctule de Leisler Nyctalus leisleri verrucosus, ainsi que plusieurs oiseaux tels que le pigeon trocaz Columba trocaz, le roitelet de Madère Regulus madeirensis et le pinson des arbres de Madère Fingilla coelebs madeirensis. La forêt laurifère abrite plus de 500 espèces endémiques d'invertébrés, notamment des insectes, des arachnides et des mollusques.  

Intégrité

Le bien inclut les zones de forêt laurifère primaire survivante de Madère. Ses limites ont été définies à l'issue d'une étude de terrain exhaustive, destinée à identifier les principales zones de végétation survivante. La majeure partie du bien n'aurait jamais été coupée et comprend certains arbres anciens de très grande taille qui pourraient avoir plus de 800 ans, c'est-à-dire dater d'avant le peuplement humain. Les chèvres et les moutons, qui ont causé des dommages dans le passé, ont été maintenant éliminés de la région. 

Le bien recèle aussi un témoignage important d'utilisation par l'homme. Les habitants ont construit des aqueducs, appelés levadas, qui sillonnent la forêt en suivant les contours du paysage, s'accrochant aux falaises et aux pentes abruptes des vallées. Généralement de 80-150 cm de large et construites en pierre ou, plus récemment, en béton, ils transportent l'eau de la forêt vers les centrales hydroélectriques et alimentent les villes du sud en eau potable et en eau d'irrigation. Le long des levadas sont aménagés des sentiers généralement de 1-2 m de large qui permettent l'accès à une forêt autrement quasi impénétrable. Ces constructions ont un impact limité sur le bien et offrent quelques avantages pour la conservation, car elles permettent d'accéder à la forêt sur des sentiers relativement plats et ne couvrent qu'une partie infinitésimale de la superficie. Aucune n'a été construite depuis 70 ans et celles qui existent sont soigneusement entretenues. En dehors des levadas et des quelques petites huttes utilisées par ceux qui les entretiennent, le développement humain à l'intérieur du bien est très limité et il n'y a ni habitation, ni bâtiments, à l'exception des petites huttes utilisées par ceux qui entretiennent les levadas, et pas de terres cultivées. Les deux routes ont un impact limité et il est prévu d'en remplacer une par un tunnel.

L'intégrité du bien est renforcée par des zones tampons qui ne font pas partie du bien inscrit mais le protègent des menaces en provenance de l'extérieur du bien. Les menaces susceptibles de provenir de ces zones sont notamment les espèces envahissantes et l'introduction d'espèces du fait de l'agriculture et de l'exploitation forestière.

Besoins en matière de protection
et de gestion

Le bien couvre approximativement 15 000 ha de terre sur les 27 000 ha du Parc naturel de Madère (Parque Natural da Madeira). Il bénéficie d'une protection juridique rigoureuse et efficace en vertu de plusieurs législations : régionale, nationale et européenne. Ces multiples niveaux de protection incluent le statut d'aire de conservation spéciale au titre de la Directive Habitats de l'Union européenne, qui oblige l'État partie à protéger la zone, de façon à ce que la « forêt laurifère de Madère » et les 39 espèces de plantes et d'animaux rares et menacés demeurent ou soient remis dans un « état de conservation favorable ». Le bien est également une Réserve biogénétique du Conseil de l'Europe et une aire de protection spéciale au titre de la Directive Oiseaux de l'Union Européenne. Le bien figure au journal officiel en vertu de la législation de Madère, avec environ la moitié de sa superficie classée Réserve intégrale (« Reserva Integral »), le reste étant classé Réserve partielle (« Reserva Parcial »).

Un système efficace de gestion de la conservation est en place. Les fonctions de conservation sont confiées à l'administration régionale, Governo da Região Autónoma da Madeira (gouvernement régional autonome de Madère). Un plan de gestion (Plano de Ordenamento e Gestão da Floresta Laurisilva) approuvé par l'administration régionale est en place. Il s'agit d'un instrument juridique puissant qui définit les stratégies et les objectifs de la protection et de la mise en valeur du bien, énonçant les grands principes de sa gestion, de sa conservation et de sa protection. 

Le bien est doté d'un personnel et de ressources suffisants qu'il faut maintenir à long terme. Plusieurs questions exigent une gestion efficace à long terme. C'est le cas notamment de la surveillance de la menace potentielle que représentent les espèces envahissantes provenant des anciennes terres cultivées à la limite inférieure du bien. Un petit nombre de permis est délivré à la population locale pour prélever une quantité limitée de bruyère arbustive commune dans les hauteurs. Bien que cette pratique se perde, il convient de la surveiller et de la maintenir dans des limites qui ne portent pas atteinte à la forêt. La gestion des zones contiguës au bien doit tenir pleinement compte de sa valeur universelle exceptionnelle, en particulier s'agissant du risque d'introduction d'espèces exotiques envahissantes. Les aménagements pour les visiteurs qui veulent se rendre dans la forêt sont rares et il est probable qu'il faudra accorder une plus grande priorité à la gestion des visiteurs à mesure que la tendance change dans le domaine touristique. Avec les falaises vertigineuses qui côtoient les levadas étroites, il faut prendre grand soin à la fois de protéger la forêt et d'assurer la sécurité des visiteurs, en particulier en prévision d'une possible augmentation de la pression de ces derniers. Des politiques rigoureuses sont nécessaires pour couper court à toute tentation de construire des infrastructures inappropriées d'accueil des visiteurs. Des programmes efficaces d'interprétation et d'information des visiteurs seraient également extrêmement bénéfiques pour faire connaître la valeur universelle exceptionnelle du bien. 

Espèces

•Accipiter nisus / Eurasian Sparrowhawk

•Apollonia barbujana / Barbusano / Canary Laurel 

•Apus unicolor / Plain Swift

•Buteo buteo / Common Buzzard

•Columba livia / Rock Pigeon

•Columba trocaz / Trocaz Pigeon / Madeiran Long-Toed Pigeon

•Dactylorhiza foliosa / Madeiran Marsh Orchid

  1. Echium candicans / Pride of Madeira

  2. Accipiter nisus  © Meneer Zjeroen

•Euphorbia mellifera / Honey Spurge

•Falco tinnunculus / Common Kestrel

Programme Forêt du Patrimoine mondial

http://whc.unesco.org/fr/forets

 
CHAPITRE 5 - PROTECTION DES FORÊTS
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Dactylorhiza foliosa - © Aroche

Apollonia barbujana - © James Steakley

Falco tinnunculus - © O. Pehmann

Vinhático Persea indica
© Meneerke bloem

Euphorbia mellifera - © Ramin Nakisa

Fringilla coelebs - © Samiec Zięby