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Notre Orient

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Connaissez-vous l’Orient ?

Pour le voyageur, cette dénomination géographique qu’est l’Orient comporte plus d’une frontière incertaine. Le Mashregh, pour employer le terme arabe correspondant, est un vaste territoire qui s’étend depuis les rives de la Grèce et les frontières méridionales de la Russie jusqu’au Pacifique. Une étendue si vaste qu’on l’a divisée entre Proche, Moyen et… Extrême-Orient !

Il est aussi une vague délimitation, disons… culturelle à ce vocable. On s’accorde, inconsciemment, à croire que la frontière entre Orient et Occident est celle qui sépare le monde de la rationalité et celui du mysticisme, quand on pousse la caricature. Des films comme « 300 » tiré du roman de Frank Miller, racontant la bataille des Thermopyles livrée entre Grecs et Perses, en est l’illustration schématique et sans doute la plus simpliste.

La réalité, on s’en doute, est infiniment plus complexe, si l’on considère que de grands brassages de peuples et d’ethnies ont déjà eu lieu par le passé d’un continent à l’autre, ne seraient-ce que ceux occasionnés lors des grandes migrations indo-européennes vers 4 000 ans avant J.-C. On parle alors de « peuples d’Eurasie » : Albanais, Arméniens, Baltes, Celtes, Germains, Grecs, Indiens, Iraniens, Latins, Scythes, Slaves, Kurdes… Voici qui doit inciter à la nuance. 

D’autres migrations de grande envergure, plus connues celles-ci, se sont produites sous la bannière du prophète Mahomet dès le VIIe siècle. Mouvements de conquêtes étendues sur l’aire géographique que l’on désigne aujourd’hui sous le terme de Maghreb (littéralement « Occident ») pour désigner l’Afrique du Nord. Autrement dit l’Orient est présent également à nos portes, de l’autre côté de la Méditerranée.

Il y aurait aussi beaucoup à dire, sur les déplacements des « Occidentaux », vers les limites extrêmes du monde oriental. Avec comme pionnier célèbre Alexandre de Macédoine puis avec les Croisés, mystiques à leur façon, auteurs de plusieurs incursions en terre d’Orient.

Il ne faut pas oublier non plus – dans l’autre sens cette fois – tous ces grands déplacements des hordes turco-mongoles depuis les steppes d’Asie Centrale jusqu’aux portes de l’Occident dont des Pays d’Europe de l’Est gardent le souvenir dans leur architecture notamment. Il suffit pour cela de constater la présence de centaines de mosquées en Bulgarie ou en Macédoine, les pierres parlant d’elles-mêmes quant aux échanges entre civilisations.

Compte tenu de tous ces paramètres, peut-on encore s’y retrouver entre Orient et Occident ? Il y a certes les frontières géographiques mais le voyage n’est-il pas avant tout un chemin d’un individu à un autre ? Nous avons encore, après toutes ces migrations du passé, du chemin à faire pour mieux nous connaître les uns et les autres. Surtout dans une période où certains états exacerbent les particularismes.

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